05/04/2014

Elections municipales françaises, rétroactes.

l'étincelle,freddy guidé,élections municipales,livron-sur-drôme

 Notre Camarade Freddy Guidé passait quelques jours de vacances dans la Drôme. Il nous livre les impressions qu'il a ressenties lors des récentes élections françaises dans une petite ville de 10 mille habitants.

A la lueur des résultats des élections municipales françaises et la montée en puissance de la droite et de l'extrême droite, il est bon de revenir aux évènements qui ont ont conduit l'électeur de rejeter en bloc la politique actuelle de François Hollande

Chronique d'une mort annoncée.

 


Livron-sur-Drôme, petite  ville de la Drôme située à mi-chemin entre Valence et Montélimar compte à peu près 10.000 habitants. La ville est très étendue et s'étale entre le Rhône et son affluent la Drôme. Son coeur bat autour de la mythique Nationale 7 que l'on appelait autrefois la route des vacances. Aujourd'hui, les vacanciers ne s'attardent plus guère à Livron-sur-Drôme. Ils préfèrent rouler à toute vitesse sur l'autoroute toute proche et avaler les plats proposés par la restauration rapide plutôt que de goûter aux délices de la cuisine locale qui faisait le bonheur de nos ainés.

Le  long des adrets surplombant la Drôme courent les  cépages de syrah qui  donnent naissance au Brezeme, ce cru oublié mais aux rondeurs enchanteresses...

Aujourd’hui, à la  veille du premier tour  des élections municipales, La gauche, ou plus précisément les communistes  livronnais sursautent face au projet de la ville qui consiste à offrir un terrain municipal au collège privé installé dans la ville afin de lui permettre de s'agrandir. Le sang des communistes  livronnais n'a fait qu'un tour. Ils se réunissent d'abord en comité de quartier puis ensuite, à quelques semaines des élections, fondent un parti. Il se nommera "Livron, efficace à gauche". Il y a ainsi trois partis en lice, "Tous pour Livron, Livron pour tous", catalogué PS et "Ensemble, rassemblons Livron", étiqueté UMP. A ce stade, on remarquera que de plus en plus de candidats cachent leur appartenance politique sous des appellations fantaisistes. Pour masquer plus facilement leur motivations profondes et d'être parfois plus à droite ou plus à gauche qu'ils ne le prétendent ? Mystère...

On remarquera toutefois l'absence de listes ouvertement d'extrême droite, malgré la présence d'étrangers sur le territoire – Le FN est un des seuls partis qui avance la tête haute sans se cacher derrière un maquillage dialectal - . Livron-sur-Drôme est aujourd'hui passé aux mains de l'UMP. Or c'était une municipalité traditionnellement à gauche. La liste "Livron, efficace à gauche" malgré sa défaite au premier tour a réalisé un score honorable de 12%, preuve que la défense de l'enseignement laïque est encore un combat important pour une partie de la population française.

Tenter de réaliser une analyse sur l'actuelle déroute du Parti Socialiste Français à partir du cas de Livron serait audacieux. Retenons cependant plusieurs choses. 1) Le citoyen français ne possède pas une culture politique telle que nous la connaissons chez nous (vote obligatoire, voter une fois pour toutes, vote de tradition familiale, appartenance syndicale forte,...). 2) Sous la présidence de Nicolas Sarkosy, l'enseignement privé a bénéficié de nombreux avantages. La gauche a cru bon de lui emboîter le pas, comme ici à Livron. 3) Une volonté affichée des différents partis de gommer jusqu'à leur appartenance politique. 4) Pour la gauche, faire mieux que la droite n'est pas nécessairement profitable. L'électeur préfère l'original à la copie, même si cette dernière formule est éculée.

L'UMP, malgré les nombreuses casseroles qu'il draine a fait un tabac aux élections municipales. A qui la faute ?

Freddy Guidé

 

 

 

 

 

Les commentaires sont fermés.