29/05/2014

Pour un logement social ambitieux

l'étincelle,parlement européen,gue,logement socialDepuis les grandes vagues d'exode urbain au milieu du XIXe siècle, la question du logement social est au cœur de l'invention européenne d'un modèle nouveau d'émancipation, de lutte contre les inégalités et de droit au logement. Aujourd'hui, 25 millions de femmes et d'hommes vivent dans du logement social en Union européenne. Il représente 30% du parc locatif aux Pays-Bas -20% ou davantage en France, en Autriche, au Royaume-Uni, en Suède, au Danemark ou en Finlande. Depuis ses débuts, l'Union européenne semblait avoir pris acte de cette avancée sociale. Aujourd'hui, cependant, la situation est devenue très préoccupante.


Car, en raison de la crise économique, plusieurs pays européens ont d'ores et déjà interrompu ou retardé leurs programmes de construction de nouveaux logements sociaux. Les politiques d'austérité, les critères de convergence du traité de Maastricht, paralysent leurs actions. De plus, à la suite à de plaintes déposées auprès de la Commission européenne par des investisseurs privés et des promoteurs immobiliers pour distorsion de concurrence, l'Europe a demandé à la Suède et aux Pays-Bas de modifier en profondeur leur politique de logement social pour tous. Les Pays-Bas ont ainsi introduit un plafond de revenus tandis que la Suède a choisi d'aligner son parc social sur le parc privé.

En France comme ailleurs, on constate une spécialisation progressive du logement social: la part des ménages les plus pauvres augmente parmi ses bénéficiaires mais d'autres en sont chassés, au détriment de la mixité sociale. En 2013, le maire de Vienne s'est inquiété, avec d'autres, d'une dérive qui remet en cause des décennies de lutte contre les inégalités de logement.

Alors que le logement social est en péril à l'échelle du continent, l'Europe doit réagir. La spéculation et des crises immobilières frappent plusieurs grandes villes, les Européens ont une arme dont ils connaissent l'efficacité pour résister: le logement social. Car celui-ci crée des d'emplois, de la stabilité, il initie des logiques de développement durable, il s'attaque aux inégalités et jugule les bulles spéculatives. Les électeurs européens doivent se mobiliser. Les politiques d'austérité budgétaires sans discernement étranglent progressivement les Etats qui coupent les moyens des collectivités locales. Le logement social en est la première victime.

C'est pour cette raison que, venus des quatre coins de l'Europe, élus locaux ou européens, nous voulons rappeler que le logement n'est pas une marchandise comme une autre. Il s'agit d'un bien de première nécessité, d'une dignité, d'un droit pour tous. En 2010, on estimait que 5,7% des Européens souffraient de privation de logement et que 17,86% d'entre eux vivaient dans des espaces surpeuplés ou indécents. Ces chiffres sont indignes: le logement doit être la priorité de l'Union européenne. Il doit être le premier objet de notre solidarité commune, au-delà du débat sur l'équilibre des finances publiques. L'Union doit protéger ces investissements, les soutenir: en la matière, l'austérité est un crime contre le droit et la dignité de tous les Européens. C'est pourquoi nous nous engageons à défendre un logement social ambitieux à l'échelle locale, nationale et européenne. A interpeller parlementaires et responsables européens sur la nécessité d'agir pour un logement digne et accessible pour tous.

Les députés européens : Ian Brossat

 

 

 

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