09/10/2014

Le P.O.B. ressent le danger.

l'etincelle,le parti ouvrier belge,les chevaliers du travailEugène Van Walleghem lance une mise en garde dans le Journal de Charleroi:

 
Il serait dangereux de dissimuler que l'unité ouvrière est actuellement minée dans tout le pays. A ceux qui seraient tentés de suivre les mots d'ordre de Moscou, disons franchement, carrément, qu’ils nous trouveront sur leur chemin.


En 1921, plusieurs groupes syndicaux, représentant près de 8.000 affiliés, refusent toujours de rejoindre le puissant syndicat socialiste.  Ils se situent à Dampremy, Marchienne-Docherie, Montignies-sur-Sambre, Roux, Châtelineau, Lodelinsart, Gilly et ils s'affirment toujours disciples de Jean Callewaert. 2.000 membres se déclarent toujours membres de l'Ordre des Chevaliers du Travail.

En mai 1921, un Congrès des « Amis de l'Exploité » décide le ralliement aux groupes communistes belges et au comité de la 3ème Internationale.  En juin, le P.C. donne l'ordre à ses  noyaux de- « rester dans les syndicats, les noyauter ... nous nous expliquerons sur ces termes ... les désaffilier du P. 0. B. ». - "Journal de Charleroi" du 2 septembre 1920-

 Informés de ces propos, les dirigeants syndicaux réagissent vivement et dénoncent les menées «communistes à la solde de Moscou ». Socialistes et Communistes se qualifient mutuellement de « traîtres ». Dans l'arrondissement de Charleroi, le mouvement socialiste décide d'expulser de ses rangs tous les militants communistes.

Parallèlement à cette action, se constitue la Fédération Communiste du Bassin de Charleroi dont Lesoil devient le secrétaire général.  Dès la fin de l'été, la Fédération tente de diffuser dans le Pays Noir, le « Drapeau Rouge », issu de la fusion du P. C. et des « Amis de l'Exploité »."

Le 1er janvier 1922, les comités exécutifs de l'Internationale communiste et de l'Internationale des syndicats révolutionnaires lancent de Moscou un appel "aux prolétaires de tous les pays" en faveur de "l'unité du front prolétarien"

Appel qui fut le point de départ de vives discussions idéologiques et politiques dans le mouvement communiste international. En Belgique, la tactique de "front unique" avait suscité des réticences.

A première vue, cette tactique ne pouvait s'appliquer que dans l'action syndicale.

Le Congrès du P.C.B, qui se tint en avril 1922, exprima la position suivante sur l'application du front unique -

Là où il existe, à côté de l'organisation syndicale centralisée, d'autres formations, l'union formelle ne pourra résulter que d'une activité commune.

Et c'est cette activité commune, préconisée en bas, que les communistes doivent défendre par les mots d'ordre que l'offensive patronale contre les salaires et les réformes "suggère », avant de préconiser une fusion organique.

En ce moment, la bureaucratie syndicale, redoutant tout mouvement spontané comme une atteinte mortelle à sa domination, cherche à garantir, par des remaniements de statuts et de règlements, son hégémonie absolue sur l'organisation de tous les mouvements.

La fédération liégeoise de la Centrale des Métallurgistes, par exemple, propose de nouveaux statuts où le Comité central se réserve le droit de valider tout mandat de « sectionnaire » obtenu directement de la masse à l'usine .

Cette organisation espère surtout, de cette manière, pouvoir écarter les communistes contre lesquels elle cherche d'ailleurs, par tous les moyens, à sévir.

A suivre

 

 

 

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