12/10/2014

Le référendum écossais, l’Union européenne et nous

écosse.jpgLe 18 septembre dernier, une majorité d’Ecossais ont dit « No ! » à l’indépendance de leur Etat. Londres et les Chancelleries européennes, principalement celles comme l’Espagne ou la Belgique qui craignaient un effet de contagion de victoire du « Yes ! », ne se sentent plus de joie. Nul, à commencer par l’Union européenne, n’avait ménagé ses soutiens à la cause du Non, les menaces n’ayant d’égal que le chantage pour influencer les électeurs. Peu ont souligné le fait que les partisans du Oui à l’indépendance accompagnaient ce choix de revendications clairement progressistes, à l’antipode des politiques d’austérité du gouvernement de David Cameron et de ses acolytes européens, tous défenseurs d’un libéralisme agressif et austéritaire.


Il n’est pas anodin de préciser que le Oui a été majoritaire dans deux villes et deux régions principalement ouvrières : Dundee et Glasgow et que, vraisemblablement, d’une manière générale, le vote favorable à l’Indépendance a été le fait des milieux populaires. Il faut aussi souligner que c’est la gauche qui était porteuse du « Oui », faisant de ce choix non pas une option « séparatiste égoïste », mais proposant une voie favorable à une alternative progressiste « pour marquer une vraie rupture » avec les politiques imposées via Londres par l’Union européenne (notamment maintenir la gratuité de l’accès à l’université mise à mal par le gouvernement Cameron). Même s’ils n’ont pas obtenu l’Indépendance, le résultat des partisans du Oui leur donne une force dont Cameron devra tenir compte.

Il serait injuste de mettre, aujourd’hui, sur le même pied le cas écossais avec ce qui se dessine en Belgique où la NVa, principal parti autonomiste, à défaut d’encore se déclarer ouvertement séparatiste, contribue largement à préparer l’infâme soupe ultralibérale au menu du futur gouvernement fédéral.

 

Il est utile de rappeler que du côté wallon, depuis les années 60, peu de voix se sont exprimées en faveur de l’indépendance ou de l’autonomie totale. La gauche syndicale et le Parti Communiste entre autres défenseurs d’un fédéralisme démocratique, tout en réclamant des pouvoirs économiques et politiques importants pour les régions, n’en défendaient pas moins la solidarité Nord-Sud à travers notamment une sécurité sociale fédérale protectrice de tous les travailleurs.

 

Jusqu’ici le pouvoir fédéral a tant bien que mal préservé cette solidarité.

 

Le combat pour qu’il en soit encore ainsi n’en reste pas moins brûlant d’actualité. En effet, si la mise en application de la 6ème réforme de l’Etat accouchée par le gouvernement Di Rupo, qui octroie précisément plus de compétences aux régions, devrait mettre en veilleuse les questions institutionnelles, le détricotage libéral de la sécurité sociale prévisible avec la coalition de droite la videra de sa substance dans le cadre même de l’Etat fédéral.

 

Il faut tout faire pour préserver et renforcer la solidarité des travailleurs de Flandre, de Wallonie et de Bruxelles. Faute de quoi, pourrait se poser alors au mouvement social wallon la question d’une réelle autonomie wallonne, comme s’est posée celle de l’indépendance à l’électorat populaire écossais.

 

Le Parti Communiste Wallonie-Bruxelles

 

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