15/10/2014

La centrale liégeoise des métallurgistes tente visiblement à préparer des exclusions.

l'etincelle,chevalers du travail,julien lahaut,grève de ougrée-marihayeFrancis Poty, op.cit.,pp. 1 12-113.

 

 

Documents sur la fondation du P. C.B., n'spécial des Cahiers marxistes, 197 1, p. 145.

 

Les événements qui se produisirent à Liège en 1921 et 1922 confirmèrent largement cette analyse.

 

Julien Lahaut, à l'époque secrétaire permanent à la Centrale liégeoise des métallurgistes, se lance avec fougue dans l'agitation sociale suscitée par la vague révolutionnaire qui suit la fin de la première guerre mondiale.  Ses fonctions l'amènent à participer à de nombreuses grèves dans la région liégeoise.

 

 


Il se retrouve principal animateur du comité de grève au cours de la lutte des travailleurs
d'Ougrée-Marihaye qui dura pratiquement toute l'année 1921.La grève fut reconnue avec réticences par la Centrale des métallurgistes avec le souci de la contenir et de la terminer au plus vite.  La direction des métallurgistes contestait en effet l'efficacité de la grève en période de crise économique.

La grève durait depuis sept mois, lorsqu'on arrêta Lahaut pour atteinte à la liberté du travail

Pendant son incarcération, la Centrale syndicale obtint la cessation de la grève. La durée du conflit et son ampleur avaient épuisé la Centrale des métallurgistes - la grève

avait coûté neuf millions de francs aux caisses syndicales...

 

Dès sa libération, Lahaut tente de ranimer la lutte ce qui servit notamment de prétexte à son exclusion du syndicat après une longue procédure.

 

Lahaut bénéficiait d'une forte sympathie dans la classe ouvrière.

 

Il rallie aussitôt autour de lui les éléments syndicaux les plus révolutionnaires et il crée une nouvelle organisation syndicale autonome à laquelle il donne le nom de Chevaliers du Travail compte tenu de ce que cette ancienne organisation avait symbolisé

 

Cette appellation "Chevalier du Travail" n'a plus rien à voir avec l'organisation primitive de l'Ordre mais elle donne au nouveau syndicat une auréole et un caractère original.

 

En 1923, à Charleroi, la Centrale des mineurs connaît une importante et inquiétante baisse d'effectifs. Ceux-ci passent de 30.000 à 12.000 membres - et la situation des mineurs les rend très sensibles à la propagande communiste.

 

13 "La grève d'Ougrée-Marihaye - Comment on noyaute une organisation ? Comment on la pousse aux abîmes ?", brochure,

Imprimerie coopérative de Huy, 1923.

 

La Centrale se raidit vis-à-vis de ces groupes marginaux qui sont encore rassemblés au sein d'une Fédération des Chevaliers du Travail (dont le premier mensuel « La vie syndicale » paraît au début février 1923).

 

En voici le contenu essentiel :

 

Notre organisation nationale se constitua au lendemain de la grève d'Ougrée-Marihaye, vers la fin de 1922.  Avant cette liaison, les Chevaliers du Travail n'existaient que dans le Bassin minier de Charleroi, depuis la fondation de l'organisation syndicale des mineurs, qui date de la veille des événements de 1886, jusque la déflagration du conflit mondial de 1914, cette organisation était toujours apparue comme un organisme de combat, de lutte de classe.

 

Les dirigeants de cette organisation syndicale, étant groupés au sein de la C. S. de Belgique, étaient en même temps membres des organismes politiques groupés au sein du P.O.B. Au lendemain de la guerre, différentes sections locales du Bassin de Charleroi se dressèrent contre les dirigeants syndicaux et politiques en leur reprochant leur collaboration de classe et la signature du Traité de Versailles, de là naquirent des luttes intestines qui portèrent grand préjudice à l'organisation syndicale elle-même.

 

Ces diverses sections, Marchienne-Docherie, Jumet-Brutotte, Dampremy, Lodelinsart, Montignies-sur-Sambre, Roux-Aiselies et Courcelles (Vooruit), formèrent entre elles une Fédération qui n'eut plus aucun rapport syndical avec le reste de la Centrale régionale, pas plus qu'avec la Centrale nationale, néanmoins elle était dirigée par des politiciens qui, au sein de la Fédération socialiste réformiste, étaient toujours en rapport entre eux.  D'autres sections, Gilly, Châtelineau, Ransart, Jumet-Gohyssart, qui, elles, affiliées à la Centrale régionale et nationale, continuèrent le combat au milieu de la Centrale réformiste.  Il va sans dire que ces divers groupements de mineurs furent vite taxés d'extrémistes, de communistes à la solde de Moscou, quoique pas un seul d'entre nous n'était en rapport avec les camarades de la lll ème Internationale.  Ce fut toujours le grand dada des réformistes.  La suite nous apprit qu'ils se mettaient d'accord avec le patronat pour frapper les camarades qui s'efforçaient de faire reprendre à l'organisation syndicale sa ligne de conduite réelle.

 

Lorsque, au lendemain du Congrès national des mineurs tenu en la Maison du Peuple de Bruxelles en mars 1922, une certaine fraction de mineurs de la section de Jumet-Gohyssart furent chassés de la Maison du Peuple, ils se regroupèrent et établirent des statuts qui furent présentés à la Fédération des Chevaliers du Travail et, après examen, ils furent admis. Ainsi était formée la Fédération des Chevaliers du Travail qui, par sa déclaration de principe, devait rechercher les possibilités de s’unir nationalement et intemationalement,.  Constituée en ce sens à cette époque (1922) la fraction minoritaire du Bassin de Charleroi se composait de plus de 6.000 membres.

 

Au lendemain de la grève d'Ougrée-Marihaye, quelques militants ouvriers, ayant à leur tête le camarade Lahaut, qui furent exclus de la Centrale régionale de Liège, et ceux, qui de leur côté, n'avaient pas voulu rester non syndiqués, formèrent à Seraing le Comité de Défense réunissant les exclus ainsi que les camarades qui se rendirent solidaires du mouvement conduit pendant plus de neuf mois.  Cette section se compose actuellement de 5.000 membres, dont 3.000 mineurs et 2.000 métallurgistes.  Ceux-ci rencontrèrent au début de la formation de cette section une grande hostilité de la part des camarades du P.C.B,. lesquels luttaient pour l'unité et ne voulaient aucunement que ces camarades exclus créent une nouvelle organisation syndicale à côté de l'organisation réformiste. De là naquit une discussion entre les membres du Mouvement Communiste belge et les dirigeants du Comité de Défense de Seraing.

 

De notre côté, nous nous efforcions d'entrer en relations avec les camarades du Comité de Défense et c'est ainsi que, dans le courant du mois de décembre 1922, ces camarades entraient à la Fédération des Chevaliers du Travail.  Si d'un côté nous parvenions à nous unir sur le terrain national; au sein même de la Fédération de Charleroi, la plupart d'entre nous furent à leur tour traités d'extrémistes, de dictateurs.  Plusieurs sections locales se séparèrent de nous – Marchienne-Docherie, Dampremy, Jumet-Brutotte, Roux-Aiselies - pour retomber à nouveau dans le plus pur « locatisme ». Les dirigeants de ces groupements, au même titre que les chefs de la Centrale Réformiste, détiennent des mandats politiques obtenus avec le concours des politiciens de la sociale démocratie. Ils placent leur situation personnelle au-dessus de l'intérêt général du prolétariat.

 

Le 27 février 1923, la Centrale organise à Charleroi une grande manifestation.  Le meeting est perturbé par Lesoil et les communistes.  Les esprits s'échauffent.  Un mouvement de grève sauvage se déclenche dans quelques puits pour se terminer le 2 mai.  Il est suivi d'une répression sévère qui touche surtout les militants syndicaux connus pour leur appartenance aux Chevaliers du Travail.

 

De nombreuses arrestations visent les militants communistes: Lahaut, H.Glineur, Lesoil et plus de 500 de leurs camarades. La machination policière vise à créer un nouveau « Grand Complot » La manœuvre échoua et tous les inculpés furent acquittés le 9 juillet 1923. Lahaut avait, entretemps, adhéré au Parti Communiste immédiatement après l'affaire du « Complot ».

 

De cette façon, il apportait, en tant que secrétaire des Chevaliers du Travail, l'appui et le concours de son syndicat au Parti Communiste au moment même où les dirigeants des syndicats socialistes s'efforçaient d'éliminer les communistes de leurs organisations.

 

Pour faire le point en 1924, nous disposons d'un document précieux retrouvé dans les archives de Moscou : le rapport de la Fédération Nationale des Chevaliers du Travail de Belgique, section de 1'l. S. R., présenté à la C. E. de 1'l.  S. R. par l'intermédiaire du Bureau Latin. (daté de juin ?).

 

A suivre

 

Commentaires

Bien utile à relire.
Des lacunes concernant Léon Lesoil....Communiste Trotskiste dont la grande photo resta affichée à la maison du Peuple à Gilly jusque dans les années 70.(Jusqu'à la prise en main du local par le Ps !)

Merci quoi qu'il en soit à PC Charleroi .

Écrit par : Andersen René | 25/10/2014

Oui René. il est toutefois décrit à ce moment comme fondateur du PCB avec Henri Glineur. La scission, c'est après. N'a-tu pas cette photo?
La Maison du Peuple de Lodelinsart comme celle de Dampremy voient leur origine chez les Chevaliers du Travail. Ah si nous pouvions dépasser ces clivages qui ne sont pas les nôtres.

Écrit par : webmaster | 25/10/2014

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