20/10/2014

Voici le contenu essentiel de la Fédération des Chevaliers du Travail de Belgique

l'etincelle,les chevaliers du travailNotre organisation nationale se constitua au lendemain de la grève d'Ougrée-Marihaye, vers la fin de 1922. Avant cette liaison, les Chevaliers du Travail n'existaient que dans le Bassin minier de Charleroi, depuis la fondation de l'organisation syndicale des mineurs, qui date de la veille des événements de 1886, jusque la déflagration du conflit mondial de 1914, cette organisation était toujours apparue comme un organisme de combat, de lutte de classe.


Les dirigeants de cette organisation syndicale, étant groupés au sein de la C.S. de Belgique, étaient en même temps membres des organismes politiques groupés au sein du P.O.B. Au lendemain de la guerre, différentes sections locales du Bassin de Charleroi se dressèrent contre les dirigeants syndicaux et politiques en leur reprochant leur collaboration de classe et la signature du Traité de Versailles, de là naquirent des luttes intestines qui portèrent grand préjudice à l'organisation syndicale elle-même.

 

Ces diverses sections, Marchienne-Docherie, Jumet-Brutotte, Dampremy, Lodelinsart, Montignies-sur-Sambre, Roux-Aiselies et Courcelles (Vooruit), formèrent entre elles une Fédération qui n'eut plus aucun rapport syndical avec le reste de la Centrale régionale, pas plus qu'avec la Centrale nationale, néanmoins elle était dirigée par des politiciens qui, au sein de la Fédération Socialiste réformiste, étaient toujours en rapport entre eux.  D'autres sections, Gilly, Châtelineau,Ransart, Jumet-Gohyssart, qui, elles, affiliées à la Centrale régionale et nationale, continuèrent le combat au milieu de la Centrale réformiste.  Il va sans dire que ces divers groupements de mineurs furent vite taxés d'extrémistes, de communistes à la solde de Moscou, quoique pas un seul d'entre nous n'était en rapport avec les camarades de la III ème Internationale.  Ce fut toujours le grand dada des réformistes. La suite nous apprit qu'ils se mettaient d'accord avec le patronat pour frapper les camarades qui s'efforçaient de faire reprendre à l'organisation syndicale sa ligne de conduite réelle.

 

Lorsque, au lendemain du Congrès national des mineurs tenu en la Maison du Peuple de Bruxelles en mars 1922, une certaine fraction de mineurs de la section de Jumet-Gohyssart furent chassés de la Maison du Peuple, ils se regroupèrent et établirent des statuts qui furent présentés à la Fédération des Chevaliers du Travail et, après examen, ils furent admis. Ainsi était formée la Fédération des Chevaliers du Travail qui, par sa déclaration de principe, devait rechercher les possibilités de s’unir nationalement et internationalement,.  Constituée en ce sens à cette époque (1922) la fraction minoritaire du Bassin de Charleroi se composait de plus de 6.000 membres.

 

Au lendemain de la grève d'Ougrée-Marihaye, quelques militants ouvriers, ayant à leur tête le camarade Lahaut, furent exclus de la Centrale régionale de Liège, et ceux, qui de leur côté, n'avaient pas voulu rester non syndiqués, formèrent à Seraing le Comité de Défense réunissant les exclus ainsi que les camarades qui se rendirent solidaires du mouvement pendant plus de neuf mois.  Cette section se compose actuellement de 5.000 membres, dont 3.000 mineurs et 2.000 métallurgistes.  Ceux-ci rencontrèrent au début de la formation de cette section une grande hostilité de la part des camarades du P.C.B. lesquels luttaient pour l'unité et ne voulaient aucunement que ces camarades exclus créent une nouvelle organisation syndicale à côté de l'organisation réformiste. De là naquit une discussion entre les membres du Mouvement Communiste belge et les dirigeants du Comité de Défense de Seraing.

 

De notre côté, nous nous efforcions d'entrer en relations avec les camarades du Comité de Défense et c'est ainsi que, dans le courant du mois de décembre 1922, ces camarades entraient à la Fédération des Chevaliers du Travail.  Si d'un côté nous parvenions à nous unir sur le terrain national; au sein même de la Fédération de Charleroi, la plupart d'entre nous furent à leur tour traités d'extrémistes, de dictateurs.  Plusieurs sections locales se séparèrent de nous – Marchienne-Docherie, Dampremy, Jumet-Brutotte, Roux-Aiselies - pour retomber à nouveau dans le plus pur « localisme ». Les dirigeants de ces groupements, au même titre que les chefs de la Centrale Réformiste, détiennent des mandats politiques obtenus avec le concours des politiciens de la sociale démocratie. Ils placent leur situation personnelle au-dessus de l'intérêt général du prolétariat.

 

Lorsqu'au mois de février 1923, éclata la grève des mineurs borains, bassin du sud du Hainaut, tous syndiqués à la Centrale Réformiste, notre Fédération, n'écoutant que son devoir à accomplir devant ces camarades en lutte, décida de se solidariser avec leur mouvement.  Tout ce bassin, conduit par les chefs réformistes, constata, dès son entrée en lutte, qu'il était complètement délaissé par ses dirigeants. Ceux-ci ayant tenté de briser le mouvement.  Ny parvenant pas, ils mirent tout en oeuvre pour le localiser. Une partie du bassin de Charleroi - 12.000 ouvriers, ainsi que le Centre: 3.000 ouvriers et Liège: 3.000 ouvriers, se mirent résolument aux côtés des Borains.  Les chefs réformistes de tout le bassin ne manquèrent pas d'écrire dans leur presse que le comité borain était fomenté par les communistes, alors que, quinze jours auparavant, dans le Peuple, organe officiel du P. 0. B., Delattre signalait que dans le bassin il n'y avait plus un seul communiste.

 

A cette époque, alors que nous avions des groupements dans les différents bassins miniers, tels que Mons, le Centre, Charleroi et Seraing, et comme effectifs 10.000 mineurs et métallurgistes réunis, effectifs qui, dans l'action, nous permettaient de mettre en demeure les chefs réformistes d'agir sous la poussée des travailleurs.  Comme nous n'avions aucun lien sur le terrain international, cette question fut posée au Comité National dans la réunion du 1 er juillet 1923.  Elle fut examinée par les diverses sections de chaque bassin.  Comme toutes les sections ne s'étaient pas prononcées définitivement lors de notre congrès du 5 août 1923, en présence des délégués du Bureau latin ainsi que de la C.G.TU. et du P.C.F., il fut décidé de reporter la question dans un congrès qui se tiendrait au mois d'octobre 1923 à la seule fin d'avoir de cette façon une réponse exacte et définitive de tous les groupements affiliés aux Chevaliers du Travail.

 

Ce congrès eut lieu à Seraing le 20 octobre 1923 ... L'affiliation à l'internationale Syndicale Rouge (1. S. R.) fut votée à 1'unanimité moins l'abstention de la section de Courcelles (Vooruit) . A la suite de ce vote, la section de Montignies-sur-Sambre se souleva en prétextant que les délégués n'avaient pas voté l'affiliation à l'l.S.R. et elle se désaffilia, alors qu’elle était d'un précieux appui avec 1100 membres.  D'autres sections suivirent Lodetinsart (800 membres) et Courcelles (Vooruit) (200 membres), puis Dampremy, Jumet-Brutotte, Roux-Aiselies, Marchienne...... néanmoins, nous avons de bons camarades qui luttent pour une nouvelle réintégration aux Chevaliers du Travail.

 

En ce qui concerne les relations avec le P.C.B. actuellement, elles commencent à s'améliorer, mais depuis la grève d'Ougrée, nous n'étions nullement d'accord avec ces camarades.  De notre côté, nous voulions augmenter nos effectifs alors que les camarades du Parti voulait conquérir l'assentiment des chefs réformistes . L'avenir nous dira qui a raison.  Je comprends parfaitement tous les camarades du Parti qui, épris d'un idéal, croyaient que les politiciens du P.O.B. auraient un jour le courage de reconnaître leurs erreurs et ainsi de reprendre le bon combat au sein des masses prolétariennes mais journellement ceux-ci font le contraire de ce que réclame le prolétariat et livrent ainsi celui-ci à la merci du capitalisme

 


Signé - le secrétaire, Ducarme F.

 

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