04/11/2014

Les Chevaliers du Travail (suite et fin)

l'etincelle,les chevaliers du travail,la nouvelle vigilance,dampremyEn 1929, les effectifs des Chevaliers du travail continuent à s'amenuiser.

L'année est marquée par les divisions entre communistes. Lesoil crée le mouvement trotskiste à Charleroi entraînant avec lui une bonne moitié des militants de la Fédération du P.C.B., Fédération que va reconstituer Henri Glineur avec une poignée de camarades, fidèle à ses idées et bien décidé à convaincre la classe ouvrière de leur justesse. Lesoil tente, d'autre part, de détacher la Fédération des Chevaliers du Travail de Charleroi du comité national de l'organisation qui est animé par Julien Lahaut.


Ce qui amène la Fédération nationale à repréciser les tâches immédiates:

1.         grouper sur le terrain de la lutte révolutionnaire les mineurs du pays - 100. 000 travailleurs ne sont pas organisés - notre tâche est de les conquérir;

2.         rompre avec Lesoil qui prétend que la création de nouvelles sections des Chevaliers du Travail provoquera de nouveaux déchirements syndicaux et qui veut sans doute nous séparer de l'Internationale Syndicale Rouge.  "'

Le Parti communiste tient dans ce contexte un Congrès particulièrement important.

Il est intéressant de reproduire l'analyse qu'il fait de la situation syndicale et des tâches d'organisation qui en découlent.

On note, dans le paragraphe 47 du projet de thèses, les considérations suivantes:

La répression contre les communistes dans les syndicats, le grand nombre de camarades exclus, exige l'organisation méthodique de ces ouvriers inorganisés dans des caisses de chômage et de solidarité.

De même, le Parti doit beaucoup mieux s'organiser dans les syndicats des Chevaliers du Travail, nos organisations et nos organes de travail ont pour tâches pressantes de donner de la vigueur à ces syndicats et d'exiger par leur travail propre que soient appliquées les décisions des congrès internationaux.

Les tâches d'organisation précisent d'autre part dans le paragraphe f) du chapitre "Sections syndicales" :

Le travail dans les syndicats rouges (Chevaliers du Travail) et autonomes (syndicats du peigné de Verviers par exemple) doit être renforcé.

Il faut considérer les fractions et leur donner des directives concrètes sur leurs tâches.

Ces syndicats, qui sont sous notre contrôle effectif, peuvent et doivent être des réservoirs importants pour notre parti, pourvu que notre travail soit bien fait.'9

Il serait évidemment fort intéressant d'étudier les répercussions de ce congrès sur le comportement des militants communistes dans les années trente et plus particulièrement lors de la grève générale des ouvriers mineurs de l'été 1932.

Ajoutons que l'année 1929 connaît une nouvelle campagne électorale législative.

Le 26 mai, le P.O.B. connaît à nouveau l'échec -. à Charleroi, il garde ses 7 députés mais il perd 4.411 voix.  Les communistes y obtiennent 5.140 voix, les trotskistes 2.951 voix, soit ensemble un gain de 2.124 voix.

Notons ici qu'en 1930, les sections des Chevaliers du Travail en pays minier donnent naissance à la Centrale révolutionnaire des mineurs.

Les événements de la grève générale de 1932 ont été rappelés dans un ouvrage collectif paru en juillet 1994, édité par la F.J.J. et l'I.H.O.E.S: « Mineurs en lutte - La grève générale de l'été 32 » (Serge Deruette, Michel Hannotte et Jacques Lemaître)

Après la grève, de vives tensions vont se rallumer entre ce qui reste du Syndicat des Chevaliers du Travail (notamment à Marchienne-Docherie) et la Centrale des mineurs.

C'est à cette période que le Parti communiste lance des idées et des actions nouvelles : constituer des comités d'entreprise, éditer des journaux d'entreprise et créer des comités de chômeurs.

En 1935, les trotskistes, groupés à Charleroi autour de Léon Lesoil, rejoignent la Centrale des mineurs et Lesoil lui-même demande son affiliation au P.O.B.

A la même époque, la fédération des Chevaliers du Travail qui regroupe des ouvriers mineurs négocie également un retour à la Centrale des mineurs. C'est ainsi que sept sections des Chevaliers du Travail - Gilly, Châtelineau, Montignies-sur-Sambre, Ransart, Jumet, Spy et Auvelais - soit environ 11 00 Chevaliers - rejoignent la Centrale des mineurs.

Deux groupes refusent cette fusion : celui qui est influencé par J.B.Cornez à Dampremy, Marchienne-Docherie et Lodelinsart et celui qui l'est par Henri Glineur à Jumet-Brulotte et à Roux-Aiselies.

Il semble qu'une certaine influence des Chevaliers du Travail ait persisté à Charleroi jusque dans les années 1954-56 mais je manque totalement d'informations sur cette période.

Je ne connais pas encore le contexte et les modalités qui ont permis que la Maison de peuple de Dampremy soit finalement devenue celle de la Fédération de Charleroi du P.C.B.

C'est dire qu'il y a "du pain sur la planche" pour compléter ces notes sur l'histoire des Chevaliers du Travail dans le bassin de Charleroi et qu'il sera passionnant de dépouiller les archives des Chevaliers du Travail en possession du Centre d'archives du Progrès "Le Cercle Louis Tayenne", devenu depuis une section de l'Institut d'Histoire ouvrière, économique et socia[e de Seraing.

Docteur Jacques Lemaître

Jacques se pose la question : « Pourquoi la Maison la Vigilance de Dampremy est-elle devenue le siège de la Fédération de Charleroi du Parti communiste ? »

Réponse ; « Les communistes étant majoritaires (le papa de Robert Dussart, les grand-pères de Maurice Magis et de Jean-Pierre De Clercq) créent une nouvelle association « La Nouvelle Vigilance »

 

 

 

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