22/03/2015

Intervention de notre conseillère Malika El Bourezgui sur la pauvreté des enfants.

malika el bourezgui,charleroi,conseil communal,pauvreté des enfantsL’Union des Villes et Communes de Wallonie est désormais signataire de la Déclaration européenne des bourgmestres contre la pauvreté des enfants. Une initiative du service Politique des Grandes Villes du SPP Intégration sociale rendue publique lors d’une conférence de presse le 24 février à Bruxelles. Les communes wallonnes sont désormais invitées à signer également cette déclaration.


Dans le cadre de l’agenda urbain européen, une initiative des 28 états membres en collaboration avec la Commission européenne, la Belgique a mis en avant comme thème prioritaire la «pauvreté des enfants dans les villes». Le service Politique des Grandes Villes (PGV), qui fait partie du SPP Intégration sociale, est ainsi, depuis sa création, un partenaire actif de la politique européenne des villes. A ce titre, elle représente la Belgique au sein de la concertation intergouvernementale «Urban Development Group» et dans quelques réseaux européens.

On constate en effet qu’en Europe, presqu’un quart des enfants se trouvent en risque de pauvreté. Ceci requiert une réponse urgente et cohérente de tous les niveaux de pouvoir. Au niveau européen et national, plusieurs déclarations et programmes ont déjà été lancés, tels que la recommandation de la Commission européenne «Investing in Children: breaking the circle of disadvantage» et, en Belgique, le Plan national de lutte contre la pauvreté des enfants, le volet Pauvreté des enfants du Fonds de Participation et d’Activation sociale, par exemple.

Ces dernières années, plusieurs mesures ont ainsi été prises dans notre pays pour combattre la pauvreté des enfants et promouvoir le bien-être des enfants. Il existe ainsi un Plan National de Lutte contre la Pauvreté des enfants avec un total de 140 actions pour lesquelles l’Etat fédéral, les Régions et les Communautés se sont engagés. Le SPP Intégration Sociale, lui, a repris un volet «Enfants en situation de pauvreté» dans le Fonds de Participation et d’Activation Sociale pour les CPAS. Plusieurs villes et communes ont également lancé des actions pour améliorer la vie des enfants en pauvreté et d’attaquer les causes de la pauvreté.

Etant donné que le phénomène de la pauvreté des enfants se situe surtout dans les grandes villes et que les administrations communales, le niveau de pouvoir le plus proche des habitants, ont un rôle crucial dans la lutte contre la pauvreté des enfants, le SPP Intégration sociale a lancé, dans le cadre de la concertation européenne intergouvernementale, la proposition d’une «Déclaration européenne des bourgmestres contre la pauvreté des enfants».

Une déclaration qui n’est pas un but en soi, mais doit marquer le démarrage d’une dynamique dans laquelle les villes et les autres niveaux de pouvoir développent des programmes et actions pour améliorer l’existence des enfants en situation de pauvreté et pour s’attaquer aux causes de la pauvreté des enfants.

L’idée est d’enclencher une dynamique dans laquelle les villes, en concertation et en collaboration avec les autres niveaux de pouvoir, développeront de manière planifiée des programmes et actions visant à améliorer l'existence des enfants vivant dans la pauvreté, et à lutter contre les causes de la pauvreté des enfants. Les plans d'action locaux doivent par conséquent faire l'objet d’un monitoring et d'une évaluation à l'échelon européen.

Les échanges de connaissances et d'expériences, la publication des meilleures pratiques et des colloques peuvent renforcer et perpétuer la dynamique au niveau européen. Plusieurs états membres ont déjà manifesté leur accord pour faire de la pauvreté des enfants un thème prioritaire dans leur politique. Pour la déclaration des bourgmestres, ils souhaitent en première instance impliquer leurs associations de villes et de communes. Entretemps, des entretiens ont déjà commencé dans plusieurs pays, dont les Pays-Bas et l'Allemagne.

Les trois ministres compétents, le Ministre Jan Jambon pour les Grandes Villes, le ministre Willy Borsus pour l’Intégration sociale et la Secrétaire d’Etat Elke Sleurs pour la Lutte contre la pauvreté, soutiennent l’initiative. Le projet de Déclaration des bourgmestres a aussi été présenté aux Associations de villes et communes. Cette présentation a eu lieu dans le cadre de la concertation bimensuelle en matière de

Politique de la Ville que mène le SPP Intégration sociale avec les directeurs des trois grandes associations: l'Union des Villes et Communes de Wallonie, l'Association de la Ville et des Communes de la Région de Bruxelles-Capitale et la Vereniging van Vlaamse Steden en Gemeenten.

Les trois associations sœurs se sont ainsi déclarées disposées à soutenir l'appel pour la Déclaration des bourgmestres. Pour inciter les autres Etats membres à faire de même, le SPP Intégration sociale veut désormais lancer la Déclaration dans notre pays, avec les bourgmestres de nos grandes villes.

Ainsi, le mardi 24 février 2015 à Bruxelles, en présence des ministres, cette Déclaration a été rendue publique lors d’une conférence de presse. Jacques Gobert, Président de l’Union des Villes et Communes de Wallonie, y a réaffirmé son soutien en signant la Déclaration et en soulignant combien il est important, pour les communes wallonnes, de s’investir dans sa mise en œuvre, avec les CPAS comme partenaires privilégiés.

Le lecteur trouvera, en annexe de cet article, la Déclaration des bourgmestres contre la pauvreté des enfants, telle qu’elle se présente aux signataires.

La déclaration

Selon des chiffres récents, 23% des enfants sont exposés à un risque de pauvreté au niveau européen, et ce chiffre est en augmentation. La pauvreté durant l'enfance présente plusieurs facettes (retard scolaire, conditions de vie insalubres, soins de santé inadéquats, exclusion sociale/sportive/récréative/culturelle, etc.) qui entraînent un important retard pour le reste de leur vie. Une approche multidimensionnelle et multi niveaux constitue la seule voie pour lutter contre cette situation.

Tout comme la concentration de la pauvreté dans certains quartiers des villes, la pauvreté infantile est elle aussi, dans une grande mesure, un phénomène urbain. En plus d'une approche orientée sur son groupe-cible, cette initiative demande des solutions de nature locale: accueil des sans-abri et de leurs enfants, accueil des enfants pour les personnes vivant dans la pauvreté, participation des enfants à des activités culturelles, sportives et récréatives, actions destinées à des groupes spécifiques comme les enfants de Roms, etc.

La déclaration des bourgmestres, présentée à la concertation urbaine européenne, part de ces constats et renvoie aux initiatives européennes déjà prises ces dernières années en matière de pauvreté des enfants. Parmi celles-ci, on retrouve notamment la stratégie Europe 2020 visant à réduire radicalement le nombre de personnes exposées à un risque de pauvreté et à fournir des efforts en vue de lutter contre le décrochage scolaire précoce, ainsi que la recommandation de la Commission (2013) «Investing in Children: breaking the circle of disadvantages».

Suivra l'énumération d'une série de mesures visant à lutter contre la pauvreté des enfants en milieu urbain, mesures que les bourgmestres signataires s’engagent à mettre en œuvre. Ces mesures sont subdivisées selon les trois piliers de la recommandation de la Commission «Investing in Children», qui correspondent également aux objectifs stratégiques du Plan national de lutte contre la pauvreté des enfants:

-Amélioration de l'accès à des ressources suffisantes
-Accès à des services abordables et de qualité
-Encouragement de la participation et du droit des enfants à être entendus
-Conclusion de partenariats horizontaux et verticaux entre divers domaines de politiques et niveaux d'administration.

Charleroi intéressée à adhérer à la Déclaration des bourgmestres contre la pauvreté des enfants l’a soumise au vote du dernier conseil communal de la ville.

Intervention de Malika dans le débat.

La situation socio-économique actuelle et les impacts sur les enfants sont tels que nous ne pouvons qu’adhérer sans hésitation à cette déclaration des bourgmestres.
Cependant, nous nous devons également de souligner le cynisme de cette initiative européenne considérant que d’un côté, l’Europe a imposé des politiques d’austérité antisociales d’ailleurs mises en œuvre sans complexe sous le gouvernement Di Rupo et qui ont contribué à appauvrir les ménages les plus fragiles et par conséquent leurs enfants que l’on dit vouloir protéger aujourd’hui. Quand on regarde notamment la situation en Grèce, en Espagne, au Portugal,… sous austérité européenne où des enfants sous- alimentés s’effondrent à l’école et que l’on invite les communes démunies à lutter contre la pauvreté infantile, de qui se moque-t-on ?

Chez nous, la réforme socio-économique s’est d’abord attaquée aux chômeurs dont un nombre important de femmes seules avec enfants, ainsi qu’aux personnes à capacité réduite et aux malades, transférant les exclus du système vers les CPAS, en grande partie à charge des communes sans moyens compensatoires alors que tout comme notre ville, plus de 40 % des communes wallonnes sont en déficit

Beaucoup de communes et CPAS n’ont plus d’autres choix que de supprimer des emplois ou ne procéder qu'à un remplacement pour deux ou trois départs.
On ne peut non plus passer sous silence que par 2 fois notre ville a été poussée, comme d’autres d’ailleurs, a contracté un prêt financier pour renflouer Dexia Banque.

On a supprimé des transports scolaires, des cantines scolaires qui pouvaient apporter un bon repas aux enfants les plus démunis. Les garderies scolaires sont devenues impayables pour beaucoup de parents et limitées. L’école n’est plus gratuite, ….. Combien y a -t-il encore d’éducateurs de rue pour faire le lien avec les acteurs sociaux et publics, pour garder un contact, une relation avec ses populations en carence dont les problématiques sont difficilement abordables ou poursuivies par les structures sociales et éducatives en place mais aussi de diffuser une éducation informelle.

Alors aujourd’hui, oui clairement, la pauvreté infantile se développe sous nos yeux parce que les politiques d’austérité initiées par le gouvernement des libéraux MR/VLD, CD&V et de la NVA aggravent encore la situation des familles et des parents déjà précarisés. Les communes et particulièrement les grandes villes, sont confrontées en première ligne à cette augmentation de la pauvreté. Mais de quels moyens disposent-elles on encore pour réagir et protéger les enfants de la misère? A défaut de véritables créations d’emplois tant promise pour nous faire avaler la réforme socio-économique antisociale, quel est le plan B aujourd’hui?

Procès-verbal du conseil :

En cas d'exclusion du RIS, peut-on encore bénéficier des filières d'insertion? Ce fut en substance la question complémentaire posée par Malika El Bourezgui (Ecolo). Laquelle, au risque de fâcher Eric Massin, dit par ailleurs avoir été, elle aussi, en contact avec des personnes venues vers elle avec des discours laissant planer le doute: « Oui, vous avez des fonctionnaires qui travaillent très bien, mais cela ne veut pas dire qu'une minorité d'agents n'ont pas un discours qui n'est pas bien compris par les bénéficiaires ».

En réponse à ce dernier propos, Eric Massin a insisté: « Lorsque vous avez connaissance d'un cas individuel, il faut nous le faire savoir car, derrière, il y a non seulement le respect à avoir pour la personne qui traite le dossier mais également le respect du travail qu'elle a à faire. Et des fonctionnaires qui ne travaillent pas bien, il y a des améliorations à devoir apporter et éventuellement, cela peut aller jusqu'à des sanctions disciplinaires ».

Pour le reste, E. Massin a précisé que l'Onem nous avait annoncé environ 1800 personnes. « Nous avons, au niveau du CPAS, budgété 900 personnes; normalement, cela aurait dû de l'ordre de 600 situations. En date du 11 février, a-t-il ajouté, 1021 personnes se sont présentées pour l'introduction d'un dossier pour un peu plus de 400 dossiers examinés par le comité spécial de l'Aide sociale. Quant au chiffre absolu, « il faudra plutôt attendre la fin mars pour le connaître ».

Remarque de la rédaction de Nouvelles:

Le Secours Populaire Wallonie-Bruxelles qui, par ses activités, tente de d’offrir à des enfants issus de milieux défavorisés sera sans doute obligé de mettre la clé sous le paillasson sous peu car 9300 euros lui sont dus par divers pouvoirs publics pour des activités accomplies en 2013 et 2014.

Discourir sur la pauvreté est facile : « On se gargarise de mots et d’autre part comme le souligne Malika, on se soumet sans révolte aux mesures d’austérités prônées par le grand capital financier ».

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