06/07/2015

Le double visage de Monsieur Juncker

 

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Il est vrai que l’ancien Premier Ministre du Luxembourg, actuellement Président de la Commission Européenne a mis souvent en avant son engagement pour la justice sociale. Et il n’est pas certain qu’il fasse douter de sa sincérité. Il s’est prononcé plus d’une fois pour une Europe plus sociale.


l est vrai aussi, qu’il n’appartient pas à l’aile droite de la droite, ni au Luxembourg dans son parti « chrétien-social », ni en Europe, au sein du parti populaire européen. Il a sans doute contribué à une certaine modernisation et ouverture sociétale de son parti, au bénéfice de sa popularité – même dans les milieux moins conservateurs.

Malheureusement il est vrai aussi que ses actes sont souvent en contradiction avec ses paroles. Le gouvernement luxembourgeois, qu’il a présidé pendant 18 ans, n’a jamais rompu avec la logique des politiques néolibérales. Les coalitions gouvernementales successives, entre le parti chrétien-social, toujours dominant, et ses partenaires, tour à tour le parti socialiste (social-démocrate), ou le parti démocratique (libéral), ont appliqué les mêmes recettes : réduction des impôts sur les bénéfices des entreprises, abaissement du taux marginal maximal de l’impôt sur le revenu, libéralisation voire privatisation des services publics...

La concurrence fiscale au sein de l’Union Européenne, ce qu’il faut bien appeler le dumping fiscal, a été explicitement défendu et appliqué par les gouvernements successifs. Ainsi que l’affaire Luxleaks l’a confirmé, les gouvernements de Monsieur Juncker ont systématiquement favorisé l’évasion fiscale et pratiqué les principes de l’injustice fiscale en faveur des riches et des multinationales.

En 2005, le gouvernement luxembourgeois organisait un référendum sur le projet de constitution européenne. Alors que les sondages suggéraient une régression du soutien populaire, en raison notamment de la prédominance du libéralisme économique sur une orientation plus sociale de l’Europe, le Premier Ministre menaçait de démissionner en cas de vote négatif.

En 2008, après l’éclatement de la crise, Monsieur Juncker avait encore des paroles très dures pour le « turbo-capitalisme ». Malheureusement, encore, les conséquences pratiques de la critique verbale se font attendre.

De 2005 à 2013, Monsieur Juncker était président de l’Eurogroupe. Dans cette fonction, il a accompagné la politique néolibérale de dérégulation qui a provoqué finalement la crise, ensuite, les politiques d’austérité et de régression sociale, qui font payer les effets de la crise à ceux qui n’en sont pas responsables.

En 2013, il a trébuché finalement sur le scandale du Service de renseignement, ses dysfonctionnements et ses pratiques de l’observation politique. A la suite des élections anticipées, le parti chrétien social a été éliminé du gouvernement. C’est donc ainsi que Monsieur Juncker a pu être disponible pour briguer la présidence de la Commission européenne.

André Hoffmann, ancien député de Dei Lenk

Conclusion personnelle : Monsieur Juncker est particulièrement peu qualifié pour donner des leçons de démocratie.

 

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Derrière la dette grecque :
http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/archive/2015/07/06/derriere-la-dette-grecque-8467296.html

Écrit par : Catherine | 07/07/2015

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