02/01/2016

Le Parti communiste et ses propositions en matière de fiscalité.

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Fin octobre 2015, la FGTB de Charleroi invitait les partis politiques de gauche (ECOLO, LCR, PC, PS, PSL, PTB) à présenter leurs propositions en matière européenne, d’emploi et de fiscalité. C’est à Robert Tangre qu’échut cette dernière matière. Vous retrouverez ci-après son intervention qui fut très appréciée par l’assistance.


Bonjour Camarades,

Je vous apporte le salut du Parti communiste et je tiens à remercier la FGTB dont nous avons toujours été proches et dont nous partageons nombre de valeurs pour l’organisation de cette rencontre.

Avant d’aborder et d’apporter d’éventuelles propositions de solutions à la problématique de la fiscalité, j’aimerais vous inviter à tracer avec nous un chemin long.et difficile pour atteindre le but escompté En effet, pour le PC, la nécessité d'une réforme en profondeur de la fiscalité ne fait aucun doute. Mais pour ce faire, nous devons tenir compte de nombreux paramètres.

Notre pays et surtout la Wallonie ne représentent pas le dernier petit village gaulois, nous faisons partie d’un ensemble mondial construit dans un seul but l’enrichissement de la classe économique dirigeante Ils restent sourds à tout slogan. Ils n’ont que mépris pour les travailleurs. Nous devons leur rendre la pareille. Honneur aux militants syndical de la CGT qui ont pu s’exprimer dans l’affaire d’Air France. Cris de désespoir face à des responsables économiques. Cette colère, nous communistes, la partageons mais il faut plus, il faut déplacer le front du combat car les économies sont interdépendantes, le tout orchestré au niveau mondial par l’OMC, le FMI,

L’Europe est donc soumise aux diktats du capital international. Nos axes de combat doivent se porter vers la pointe de l’iceberg. Mobilisons, conscientisons nos travailleurs, nos concitoyens pour nous opposer au grand marché transatlantique qui ruinera nos dernières grandes industries, tuera l’emploi. Débarrassons l’Europe de tous ces parasites non élus, issus et autres ordres des Goldman Sachs et autres pillards. Sanctionnons nos élus complices du grand capital. Les deux doigts sur la couture du pantalon, ils reportent sur l’ensemble de la classe laborieuse de notre pays quantités de décisions qui vont à l’encontre du bien être de nos populations. Au nom de la libre concurrence, ils détruisent nos services publics, attaquent nos acquis sociaux conquis de haute lutte après la dernière guerre par les travailleurs. Pour le PC, le premier angle d’attaque le plus important est la mobilisation des travailleurs, leur conscientisation, l’élargissement de nos rapports avec tous les progressistes européens pour recréer ensemble un nouveau rapport de forces. Il nous faut dénoncer tout slogan à but étroitement électoraliste comme « Mon ennemi, mon seul ennemi, c’est le grand capital ».

Pour permettre de combattre cet ennemi, il est impératif que les partis progressistes au pouvoir chez nous et en Europe se positionnent clairement et cela doit passer par l’union de tous les partis progressistes réunis dans cette assemblée. Il est temps car des forces nuisibles, antidémocratiques se servent de certaines attitudes collaborationnistes de classes pour une marche arrière toute historique.

En fin de compte, ces attaques contre notre système social de façon hypocrite sont concrétisées chez nous par la droite au pouvoir. Il est beau d’employer des anglicismes ridicules, parler de taxshift au lieu de dire glissement pour faire croire à nos populations qu’on va améliorer leurs conditions de vie. Faux! Faux! Faux! On donne une aumône d’une main ce que l’on retire de l’autre.

Constat : à l’échelle de toute l’Europe, d’un côté, une fiscalité de moins en moins redistributive et, de l’autre, la progression de l’endettement public.

Quand nous parlons d’endettement, de quoi parlons-nous ? Le Belge vivrait – il au-dessus de ses moyens ? Wallon paresseux. Wallon assisté social, les selon les thèses du patronat flamand, le Voka. Pourtant les mêmes appuyés par les forces politiques rétrogrades d’ultra droite de Belgique ont créé les conditions d’une socialisation des dettes. Des exemples, en voici.

2008 : un montant de t 20 milliards d’euros envolés lors de la première crise bancaire
2009 : KBC, 3.5 milliards
2011 : rachat de la Deutsche Bank : 4 milliards
2012 : recapitalisation de Dexia Bad Bank : 2.9 milliards
Total : 30.5 milliards

Socialisation des dettes, privatisation des bénéfices, engraissement des actionnaires de ces fonds internationaux, les plus grands prédateurs. Il leur faut au minimum 15 % de rentabilité minimale de leurs placements et dans certains cas des montants bien plus élevés. Vous voulez des placements non risqués, placez votre argent dans les parkings. Nos communes d’ailleurs de plus en plus à court de moyens financiers confient la perception des stationnements à des firmes privées et les engraissent. Soyons vigilants, citoyens, progressivement les communes vont confier une partie de leurs obligations vers de grands groupes financiers à commencer par les promoteurs immobiliers.

Pour contrecarrer les glissements financiers vers le grand capital, certains parmi nous avancent l’idée d'une taxation sur les grandes fortunes. En tant que militants de gauche, cela nous paraît une chose indispensable. Toutefois nous pensons que cette proposition nous paraît largement insuffisante. Elle ne semble n’être qu'une mesure « one-shoot », une solution miracle.

Pourquoi son apport est-il limité ?

Pour la perception de cette taxe, en priorité, Il faut absolument reconstruire un service de perception de l’impôt réellement efficace et œuvrant pour une taxation équilibrée des revenus les plus divers. Cela aura un coût à commencer par l’engagement d’un grand nombre de contrôleurs spécialistes des bilans d’entreprises. Leur donner des conditions de travail valorisantes, rémunérer leur travail pour éviter toute forme de corruption Il faudra les équiper de matériel informatique performant en collaboration étroite avec d’autres services étatiques. Cela aura un coût important car il faut détricoter pan par pan les mesures avantageant la haute finance grâce à la diligence de leur complice, le ministre Reynders.

Pour les communistes, une réforme fiscale progressiste doit s'articuler autour de plusieurs points :

  • Suppression des intérêts notionnels : 1,5 à 2 milliards
  • Taxation des plus-values mobilières : 3,5 milliards
  • Lutte contre la fraude fiscale : jusqu'à 19,5 mds par an
  • - Luttes contre les« cadeaux fiscaux » : moyen de récupérer 6 milliards par an.
  • Imposition directe : plus de 470,000 belges aux revenus supérieurs à 50,000 euros annuels. Avec seulement 95 euros de contribution en plus par an, pendant 4 ans, il y a moyen de récupérer 2 milliards !
  • Revoir à la hausse le taux d'imposition pour ces tranches.
  • La régionalisation du pays qui ne pourra être remise en question est une chance pour la Région wallonne qui doit exiger en priorité du gouvernement fédéral son dû précis pour ne plus continuer à mettre à mal le pouvoir le plus proche du citoyen : le pouvoir communal. car ce dernier ne pourra plus accumuler des taxes inutiles et coûteuses pour leur perception
  • La Région wallonne a aujourd’hui la possibilité de recréer une banque publique ce qu’était le Crédit communal ou la Caisse Générale d’Epargne pour assurer des investissements rentables pour le bien-être de notre population et permettre le maintien du financement des CPAS.

L’absurdité de l'actuelle fiscalité doit poser la question de l'inégalité et de la remise en question du capitalisme par des réformes radicales dans ce domaine. Ce faisant, nous effectuerons un premier pas vers une société plus égalitaire. Nécessité d'un combat politique de longue haleine, le plus large possible, remettant au travers de la fiscalité la question de la concentration du capital au centre de nos préoccupations

Merci pour votre écoute, chers Camarades et paraphrasant Diego Maradona, nous dirons ensemble « Ce n’est pas la victoire qui compte, c’est la lutte ». A vos organisations de l’organiser tout en visant le long terme, d’être à votre écoute et de progresser avec vous, la base, pas à pas, avec force, puissance et cohésion.

Venceremos !

17:41 Écrit par PC Charleroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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