27/03/2016

Roger Nicolas n'est plus

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Françoise, Claude, chers petits-enfants et famille.

Roger ou plutôt Rogè comme t’appelait Richard avec son accent borain à couper au couteau, tes amis et camarades t’accompagnent pour ton dernier voyage. Tu nous quittes alors que as atteint un âge avancé. Tu es l’avant dernier des militants de ta génération qui nous a formés nous les septuagénaires et sexagénaires. J’ai fait ta connaissance au sein du comité fédéral du Parti communiste, c’était vers la fin des années 70.


Parmi la quarantaine de membres présents, toi le dessinateur aux ACEC, tu intervenais chaque fois avec calme et pondération même lorsque d’autres n’étaient pas d’accord avec le point de vue que tu défendais. Tu as toujours été poli et respectueux de l’avis des autres même si cela te contrariait. Tu as vécu et participé à un grand moment de l’histoire industrielle de notre région, les ACEC et tu y as largement contribué avec les très nombreux camarades communistes que tu côtoyais.

A la suite de mon arrivée à Dampremy, j’ai eu le grand plaisir de mieux te connaître car l’heure de la pension arrivée, tu as participé pleinement à la mise en activité de notre petit centre d’archivage et c’est toi qui es à l’origine du nom qui lui fut donné : le Cercle Louis Tayenne.

Dans un premier temps, avec Claude Glineur, Richard Henne, vous avez commencé tous les trois à identifier les vieux camarades que vous reconnaissiez sur d’anciennes photos.

Plus tard, assez déçu par le cercle d’histoire de Marcinelle, tu nous as confié les récits des événements auxquels tu as participés. Ceux-ci portaient sur ton vécu à Marcinelle. Tu nous racontais les fêtes que le parti organisait dans cette importante section. Tu as décrit la vie des émigrés italiens venus travailler dans nos charbonnages. Tu as décrit leurs conditions de vie dans les anciens baraquements qui avaient abrité les prisonniers allemands. Les camarades du PCI, tu les as beaucoup aidés par ta participation aux cercles belgo-italiens crées à l’initiative du PCB. Tous ces écrits sont conservés soigneusement dans nos locaux et portent ta signature. Ils seront conservés comme la fameuse affiche rose que tu détenais et que tu nous as cédée, affiche destinée à faire miroiter un avenir radieux à ces paysans qui quittaient leur région ensoleillée pour s’enfuir au fond de la terre. Interdits de pratique politique, tu as lutté pour que le camarade italien Ernesto Lodolo ne soit pas rejeté de notre pays. Ce qui pourtant arriva.

Outre cette vie et l’activité d’une section du PC, la retraite venue, tu n’es pas resté inactif. Arrivé à Gilly, tu t’engageas dans un autre combat : celui pour la défense des habitations sociales et de leurs habitants. Tu m’as demandé de frapper à la machine à écrire, les textes que tu allais distribuer dans les cités gilliciennes. Tu m’as mis en contact avec bien des personnes qui s’activaient avec toi dans cette problématique et si aujourd’hui, un des axes du combat de la lutte du FdG pour la défense des logements sociaux, pour la participation des citoyens aux comités d’accompagnement, c’est en partie à toi que nous le devons.

Ce travail en commun ne pouvait déboucher que sur une complicité grandissante car tu t’es beaucoup intéressé au travail développé au sein de l’Union des Pionniers de Belgique puisque tes enfants Françoise et Claude participaient aux camps organisés à Modave.

Cela nous a permis d’approfondir nos relations, de festoyer ensemble lors de ces soupers organisés par l’asbl Le Progrès. Nous formions une joyeuse tablée avec tes enfants et ton épouse Jeanne qui, remplie de malice, nous entraînait dans des fous rires collectifs. Et puis, Roger, tout le monde aimait te voir danser. Tu sautillais tel un cabri à la plus grande joie de ceux qui te regardaient. Mais séducteur, toutes les jeunes femmes aimaient se faire inviter car tu savais leur glisser le mot gentil que tu leur soufflais à l’oreille.

Gardons en mémoire ces moments de travail collégial, nos amusements et nos rires fraternels, mon cher Roger. Jusqu’au moment où tes forces te l’ont permis, tu es resté un camarade au service du parti et tu en es devenu la mémoire vivante.

Au nom de tes camarades anciens et nouveaux qui, eux, n’ont pas eu le bonheur de te connaître, là où tu seras, porte la révolte comme tu l’as fait ta vie durant.

Merci Roger. Au revoir Camarade.

Robert Tangre

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