02/05/2018

Un communiste mis à l’honneur à Visé.

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De nombreux Visétois et Cherattois se souviennent de Marcel Levaux qui fut le dernier bourgmestre de Cheratte avant la fusion des communes. Il fut également député pendant 13 ans.


Marcel Levaux était un militant communiste mais il importe dans une démocratie que le monde politique puisse reconnaître les qualités de ceux qui ne partagent pas leurs opinions surtout lorsque ceux-ci ont brillé par leurs qualités humaines ce qui fut le cas de Marcel Levaux. C’est la raison pour laquelle le Conseil communal, à l’unanimité, a décidé de donner le nom de Marcel Levaux au square situé à côté de la Belle Fleur parce que c’est là que s’accomplit un de ses hauts faits.

 

Rappelons que Marcel Levaux est né en 1926 dans un milieu très modeste. Dès 1941, à l’âge de 15 ans, il entre dans la Résistance. Parmi ses nombreux actes particulièrement risqués, le soir du 30/04/44 avec 2 autres résistants, il a hissé sur la Belle Fleur un drapeau belge qui leur avait été donné par des patriotes de Wandre et un drapeau russe en hommage aux prisonniers qui travaillaient dans la mine de Cheratte. Ils flottèrent toute la journée suivante.

 

C’est la raison pour laquelle le square Marcel Levaux a eu lieu le 30 avril dernier.

 

Marcel NEVEN – Bourgmestre


Rappelons le passé politique du camarade Marcel Le vaux.Marcel Levaux

Volontaire de guerre 1940-1945, membre du Front de l’Indépendance, traceur en charpente de profession, Marcel Levaux est un militant communiste de longue date. Sa première affiliation au PCB remonte à 1942. Tout au long des années cinquante et soixante, c’est en tant que syndicaliste qu’il participe aux nombreux mouvements sociaux qui agitent le pays wallon. Ses relations avec le PSB et la FGTB sont parfois tendues. Pour preuve, en octobre 1970, il est élu conseiller communal à Cheratte et convient d’une majorité improbable pour bouter les socialistes dans l’opposition.

Marcel Levaux devient alors le bourgmestre de la localité en avril 1971, à la tête d’une coalition composée du PCB, de libéraux et de catholiques... Au lendemain de la fusion des communes, le dernier bourgmestre communiste de la province de Liège devient conseiller communal de la nouvelle entité de Visé (1977-1988). En octobre 1988, il se présente, sans succès, sur une liste intitulée APAR, abréviation phonétiquement symbolique, signifiant Association pour l’assainissement et la rénovation de la Wallonie.


Depuis mars 1968, Marcel Levaux est aussi parlementaire. Élu à la Chambre dans l’arrondissement de Liège, il préside le groupe parlementaire communiste. Il est régulièrement réélu en 1971, 1974, 1977 et 1978. Durant toutes ces années de bouleversements institutionnels de la Belgique, il use de son statut de mandataire de l’opposition pour voter à la carte les dispositions qui lui conviennent. Il vote par exemple la loi de décentralisation économique, dite Loi Terwagne (15 juillet 1970) qui dote notamment la Wallonie d’un Conseil économique régional, d’une Société de Développement régional et crée la section wallonne du Bureau du Plan. En décembre 1970, il adopte certaines nouvelles dispositions de la Constitution. Il n’est guère intéressé par la régionalisation provisoire (1974-1977).


C’est dans l’opposition qu’il participe aux débats parlementaires précédant l’adoption des lois spéciale et ordinaire d’août 1980. Le 4 août, à la Chambre, il vote contre la réforme de l’État mettant en application l’article 107 quater de la Constitution. Il n’en boycotte pas pour autant les premières réunions du Conseil régional wallon qui se réunit provisoirement à Wépion à partir du 15 octobre. Il participe d’ailleurs à ses travaux en 1980 et 1981. Ce sont les derniers mois de sa carrière parlementaire. En novembre 1981, il n’est pas réélu.

En 1972, Marcel Levaux avait déposé à la Chambre une proposition de loi visant à accorder le droit de vote à tous les résidents étrangers aux élections communales. Pendant dix ans, il proposera régulièrement son texte à la réflexion de ses collègues parlementaires. En vain. Il faudra trente ans pour que cette proposition soit finalement adoptée sous forme de loi.


Dans les années nonante, prônant un rapprochement de toutes les gauches, Marcel Levaux estimait montrer l’exemple en se plaçant comme candidat sur les listes communales du parti socialiste, à Visé, mais sans plus aucune prétention d’être élu, juste pour le symbole.

Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 382

député (1968-1981)
conseiller communal de Cheratte (1971-1976)
bourgmestre (1971-1976)
conseiller communal de Visé (1977-1988)
membre du Conseil régional wallon (1980-1981)

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